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Comme chacun le sait, Warquignies fut pendant plus de 4 siècles une seigneurie autonome. Le Seigneur Jean de Lusy, Président du tribunal lors du jugement de Marie-Rose durant le Sabbat en est la preuve !
Dès 1427, différentes familles se succédèrent. En voici la chronologie complète.

Au 14ème siècle, l’abbaye de Saint-Ghislain légua le village en fief à la terre de Montignies-Saint-Christophe. Englebert du Parcq posséda Warquignies dès 1427 avant de le vendre au Seigneur Le Boucher qui, à son tour, le vendit au Seigneur Piérart Rogier en 1470.
C’est très certainement celui-ci qui fît construire les premiers bâtiments seigneuriaux (l’actuel Château) lors de sa longue carrière en tant que seigneur de Warquignies (environ une trentaine d’années). Suite à sa mort, c’est son fils Pierre Rogier qui prit sa place jusqu’au 13 avril 1535, date de son décès.
Jean Rogier, demi-frère du précédent fut seigneur de Warquignies jusqu’aux environs de 1555. Viennent ensuite son neveu Pierre de Lusy jusqu’en octobre 1572 et Jean du Lusy, fils de Pierre, de 1572 à 1585. Celui-ci étant sans descendants directs, ce fut son frère Nicolas qui reprit la seigneurie de 1585 à environ 1619. C’est à cette époque que Charles de Croy, duc d'Aerschot et prince de Chimay, chargea ses peintres de réaliser des peintures plus ou moins fantaisistes, selon le don de chacun, des villages du Hainaut. C’est de ces tableaux qu’est tirée la photo suivante :

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On peu remarquer que le village ne fait qu’un bloc compact, sûrement dû au fait qu’il était impossible de reproduire l’étendue réelle du village sur une seule toile de manière agréable avec détails.

Toujours à la demande de Charles de Croy, voici une autre représentation bien plus réaliste du village où l'on peut distinguer le Pavé de Warquignies, les actuelles rue des Marcottes, rue du Château, rue Louise, rue de Petits-Wasmes, rue Baille Cariotte et rue Bal , de même que le Château seigneurial et le pilori où le seigneur, ayant droit de justice sur ses terres, faisait exécuter les peines de mort pour crimes:

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Pour l’anecdote, sachez que les points cardinaux sont erronés : septentrion et méridien sont inversés, ainsi que l’orient et l’occident.

Jean Baptiste de Lusy, fils de Nicolas fut seigneur aux environs de 1619 jusque 1675.
A sa mort, le fief fut vendu à Claude de Felleries qui y fut seigneur jusqu’en 1678 avant que son frère, Jean de Felleries n’en prenne possession jusqu’en 1682.
De nouveau vendue pour partage, faute de descendants directs, c’est Jean Ignace Ghislain de la Tramerie qui l’acheta et prit ses fonctions de 1682 à 1699 environ.
De nouveau vendue par la veuve du défunt, la seigneurie fut acquise par Marie-Florence de Boussu qui la posséda jusqu’en 1743. Celle-ci ayant perdu mari et enfants, elle ordonna dans son testament que son neveu verse 12000 livres à sa sœur en guise d’équivalent de legs pour l’acquisition de la seigneurie.
Ce fut chose faite et Bauduin-Justin de Grouff acquis la seigneurie. C’est de cette famille que fut repris le blason de Warquignies : « D’argent à trois pelles de sable, le manche en bas ».

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Bauduin-Justin de Grouff habitat le château de Warquignies après le décès de sa femme le 9 mars 1744. Alors qu’aucuns enterrement n’avait jamais eut lieu dans le village, il voulut être inhumé dans le chœur de l’Eglise de Warquignies qu’il avait faite ériger en 1770 à partir de la chapelle de culte existant et pour laquelle il fit don de ses propres argenteries et ornements sacrés de sa chapelle privée du château .
Ayant fait « répéter » les funérailles de son épouse à Warquignies, il ordonna de faire de même lors de son décès avant de les célébrer en l’Eglise Sainte Waudru à Mons. Son corps fut ensuite rapatrié dans le chœur de son église à Warquignies pour y reposer en paix. Une pierre sur laquelle figurait le texte suivant y fut celée :

« Dans le chœur repose le corps de messire Bauduin Justin De Grouff d’Erkelens seigneur de Warquignies Mecquignies Annecroix la Houssière qui ayant fixé son domicile à sa terre de Warquignies y mourut le IIII novembre MDCCLII
Priez Dieu pour son âme ».

C’est son fils François-Florent-Hubert de Grouff qui lui succéda de 1751 à 1793. Lui aussi se fit inhumer à Warquignies, mais non plus dans l’église (il était désormais défendu d’inhumer dans les églises depuis le 26 juin 1784) mais dans le cimetière y attenant aménagé en 1770 (sur la Grand-Place actuelle). La pierre tombale fut transférée dans le cimetière de la rue Baille Cariotte avant d’être celée dans le mur de l’école communale.

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De même, il est possible d’envisager que la cloche de l’église de Warquignies fut construite sous son ordre, le texte suivant y étant inscrit :
« Messire François Florent Hubert Degrouff d’Erkelens, seigneur du lieu et gentilhomme de la Chambre de Noblesse, Pays et Comté du Hainaut, Mons, Parrain.
Marraine, noble Dame Philippine Françoise Charlotte Degrouff, née de Gallard, Dame de Warquignies. Faite en 1778 ».

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François-Florent-Hubert de Grouff fut le dernier véritable seigneur de Warquignies. Après sa mort, son frère Nicolas-Bauduin-François de Grouff se considéra et fut considéré comme seigneur mais à titre populaire. Pour exemple, son neveu Nicolas-Sisinie-Eugène de Behault Dormon fut dit « de Warquignies » jusqu’à sa mort en 1883.
La famille de Grouff s’éteignit en même temps que Nicolas-Bauduin-François qui n’avait aucune descendance.
Les biens seigneuriaux furent alors mis en vente aux enchères le 14 mars 1826 à 10h à Mons. Le château fut racheté par Hilaire-Napoléon Derbaix qui fit transformer les dépendances de façon à y accueillir une brasserie de bière brune. Son fils lui succéda jusqu’en 1894.
Ensuite, sa sœur Zoé-Célénie-Alecine Derbaix vendit la brasserie à François-Servais Quenon en 1898, qui continua l’activité jusqu’en 1917 avant que son fils Léon-Georges Quenon ne reprenne le flambeau et y vécut jusqu’à sa mort en 1956.

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Ce décès mit un point final à l’activité de la brasserie qui fut d’abord convertie en dépôt de bière avant que François Quenon ne cède des parcelles de terrain à bâtir à des particuliers et ne vende la prairie de la Perche où allait être construite la cité du Vert Gazon.

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(Sources : L’histoire de Warquignies de Jean Gilloteaux, Publication n°6 du Cercle d'histoire et d'archéologie de Saint-Ghislain et de la région)

Voir aussi :
La naissance du village de Warquignies
Les églises de Warquignies

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