Première partie : histoire du village, chronologie des seigneurs et églises de Warquignies.
Histoire du village
La naissance de Warquignies est étroitement liée à Résignies, petite localité agricoles datant du début du deuxième millénaire (citée pour la première fois en 1110 sous « Reseneioe ») située sur les terres de l’Abbaye de Saint-Ghislain et lui appartenant de droit en contrepartie du payement d’une rente agricole payée au chapitre de Sainte-Waudru. Résignies était située aux alentours des actuelles rue du Tour, rue du Berchon et rue de Résignies. A cette époque, l’actuel Warquignies n’était encore qu’un appendice de Résignies, une prairie vallonné coincée entre Wasmes, le Bois l’Evêque et le Bois de Saint-Ghislain. Seul le Chemin de Messe partant de Résignies et effleurant cette prairie rejoignait Wasmes pour permettre aux habitants de se rendre à l’Eglise Notre Dame. C’est alors que débuta vers la fin du 12ème siècle l’exploitation des sols houillers situés aux limites du Bois l’Evêque sur ce vallon. De façon à faciliter l’enlèvement des chariots remplis de charbon naquis un chemin rejoignant les sites d’exploitations à Résignies. Au fil du temps, de vétustes logements vinrent garnir ce chemin. Warquignies était né. Pour des raisons assez compréhensibles, notamment pour éviter la remise en cause du legs de Résignies par le chapitre de Sainte-Waudru au profit de l’abbaye de Saint-Ghislain pour exploitation du sous-sol, ce hameau houilleux fut séparé de Résignies et prit le nom de Warkegnies, dont on retrouve trace pour la première fois sur un diplôme daté du 11 juillet 1262 du Pape Urbain IV confirmant le don du village à l’Abbaye de Saint-Ghislain. Le nom Warkegnies vient très probablement de wareschaix (terrains marécageux, terrains vagues) ou vercaria (terrain aux brebis). Le village fut cité également Warkegnÿ, Warquegnÿ.
Devenue une seigneurie autonome et houillère durant le 14ème siècle, il aura fallu attendre le 18ème siècle pour que fut construit le Pavé de Warquignies, qui prenait naissance aux carrefours des actuelles rue de Binche à Hornu pour se terminer à la rue Moranfayt de Dour. De ce fait, 2 maisons de barrières (où étaient perçus les droit de péages de circulation pour chevaux, chariots, attelages, carrosses, chaises ou autres voitures) étaient placées à chaque extrémité de façon à collecter les « taxes » de circulation sur le dit pavé : une au carrefour de l’actuelle rue de Binche à Hornu et l’autre sur l’actuel carrefour formé entre la rue Coron du Bois et la rue de l’Avaleresse. Figurez-vous que cette maison existe toujours actuellement : il s’agit de le Clef du Bois !
On peut d’ailleurs voir sur la photo ci-dessus un panneau « barrière » sur la façade du bâtiment (juste à la droite de la porte d’entrée)
Au 19ème siècle, Warquignies accueillait en sa paroisse les riverains de Petit-Hornu, Résignies et du Coron du Bois et c’est bien naturellement que ces hameaux faillirent rejoindre le village pour former un Warquignies plus grand, mais l’idée ne fut pas retenue par les autorités de peur de nuire à la commune de Wasmes. Lors de la délimitation des communes au début du XIXème siècle, Résignies disparut pour être rattaché à Wasmes tandis que Dour reçut le Bois de Saint-Ghislain et Eugies le Bois l’Evêque. Petit-Hornu conserva sont rattachement à Hornu. Mais dans l’esprit des gens, ces parcelles continuèrent et continuent d’ailleurs toujours à « faire partie » de Warquignies, preuve en est les habitants limitrophes ayant choisi le cimetière de Warquignies comme dernière demeure.
(Sources : L’histoire de Warquignies de Jean Gilloteaux, Publication n°6 du Cercle d'histoire et d'archéologie de Saint-Ghislain et de la région)